La révolution en occitanie |
A) La révolution paysanne : Dès le printemps 1789, les paysans occitans se soulèvent et déclenchent des jacqueries violentes et sanglantes. Dans certaines régions comme le Limousin, les soulèvements sont permanents. Ailleurs, comme dans le Bordelais, ceux-ci ne commencent qu'en 1790. Ces soulèvements sont caractérisés par l'attaque des châteaux, le destruction des terriers et le saccage des terres. Nobles et bourgeois sont également visés.
Depuis que la vente des biens nationaux (biens d'Eglise et des émigrés) s'est faite au profit de la bourgeoisie, les paysans se trouvent confrontés à des bourgeois qui, après avoir mis la main sur le pouvoir politique (municipal, départemental, étatique) augmentent leur puissance économique. Ces nouveaux maîtres se montrent aussi durs que les aristocrates. Dès les soulèvements de 1792, l'hostilité des paysans à l'égard de la nouvelle classe dirigeante devient manifeste. Les campagnes occitanes restent mobilisées pendant de longs mois.
17 juillet 1793, les paysans obtiennent 3 mesures : |
- La vente des biens des émigrés par petits lots payables en 10 ans. |
- Le partage des biens communaux par tête d'habitant. |
- L'abolition sans indemnité de tout ce qui subsistait des droits seigneuriaux. |
et gagnent ainsi une bataille : une grande partie des revendications de 1789 est enfin satisfaite. |
B) La révolution urbaine, bourgeoise et populaire : La révolution de 1789 a permis à la bourgeoisie de prendre le pouvoir à tous les niveaux. A la faveur des troubles de l'été 1789, ou à la suite des élections municipales de février 1790, le pouvoir municipal passe aux mains de la bourgeoisie qui désireuse de consolider son pouvoir, organise des fédérations de communes. Le 17 juin 1790, un pacte fédératif est signé entre Bordeaux, Toulouse , Bergerac, Libourne, Périgueux, Cahors, Agen .... Cette fédération a pour but de défendre les municipalités bourgeoises contre les aristocrates mais aussi contre le peuple. Pendant 2 ans une véritable lutte de classes secoue les villes occitanes.
A Montauban en décembre 1790, la bourgeoisie commerçante est majoritairement protestante mais minoritaire dans l'ensemble de la bourgeoisie locale et n'accepte pas les résultats des élections. Les tensions sociales prennent l'allure de guerres de religion et ces crises aboutissent à une série de coups de force. A la suite d'incidents qui font 5 morts, les protestants appuyés par le club des Jacobins, obtiennent de l'assemblée constituante, la suspension des autorités catholiques. Une nouvelle municipalité "nommée" est dirigée par les protestants. La bourgeoisie protestante montalbanaise a réussi un "coup d'état" en douceur.
C) La révolution fédéraliste : Le fédéralisme a des racines profondes en occitanie et dès le début de la révolution, l'idée fédérative est revendiquée partout et par tous. Tout le monde a également son idée sur le fédéralisme. Mais le 25 septembre 1792, les "Robespierristes" font proclamer la "république une et indivisible". C'est à partir de cette date, que la révolution cesse d'être pluraliste. Dès le mois de mai 1793, les départements regimbent contre cette prise en main du pays.
D) La république fédérative du Midi : Ce mouvement touche rapidement l'essentiel de l'occitanie. Le soulèvement se déclenche au début de juin 1793 mais, d'une part par l'arrestation le 2 juin d'une partie des chefs girondins, et par l'incapacité des autres à diriger le mouvement, et d'autre part, par le désistement rapide de Toulouse qui interdit la jonction de Bordeaux à Nîmes et Marseille, dès fin juin, l'insurrection fédéraliste se voit vouée à l'échec. Montauban a repoussé dès le début les tentations fédéralistes. |
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E) La Terreur en occitanie : Elle a commencé très tôt (1790), mais c'est la Grande terreur de 1793-1794 qui laissera des traces profondes liées à la répression du fédéralisme. A Toulouse la Terreur fut relativement modérée : 45 exécutions locales ainsi que 53 parlementaires Toulousains exécutés à Paris. La zone de forte Terreur se situait dans le Gard, la Lozère, le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône et le Var. |
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F) La résistance contre-révolutionnaire : Géographiquement, celle-ci s'est manifestée surtout dans le sud du Dauphiné, la Haute-Provence, la Basse-Provence occidentale, les pays à l'ouest du Rhône et une partie de l'Auvergne. Cette première zone a été active de 1790 à 1797. Une deuxième zone d'activité plus tardive (1799) comprend autour de Toulouse, 5 départements (Lot-et-Garonne, Gers, Haute-Garonne, Ariège, une partie du Tarn et de l'Aude). Cette Occitanie contre-révolutionnaire correspond, en grande partie, aux régions de forte pratique catholique. Il s'agit aussi des départements qui s'opposent à la levée en masse de 1793. Enfin, les foyers les plus actifs sont des régions où les révoltes paysannes de 1789-1792 ont été beaucoup plus faible qu'ailleurs : c'est à dire des régions rurales où la lutte des classes était atténuée.
A Toulouse, les contre-révolutionnaires prétendaient compter 40 000 adhérents.
Le 5 août 1799, l'insurrection éclate et gagne la région Toulousaine (Gers, Hautes-Garonne, Ariège, une partie du Lot, du Lot-et-Garonne, de l'Aude et du Tarn). Ce soulèvement déclenché prématurément et sans coordination entre les différentes insurrections échoue. Cette insurrection met fin à dix années de lutte contre-révolutionnaire occitane.